Une fois la saison passée et les loyers encaissés, vient l’étape que beaucoup de propriétaires redoutent : la déclaration. Entre les formulaires numérotés, les cases qui changent et les deux régimes possibles, il est facile de s’y perdre, d’autant que les cases ont justement été modifiées en 2026. Ce guide reprend, étape par étape, comment déclarer concrètement les revenus d’une location saisonnière : l’immatriculation préalable, le bon formulaire, la case à utiliser selon votre situation, et le calendrier à respecter. Il vaut pour un meublé de tourisme classé comme non classé, au micro-BIC comme au régime réel.
Ce guide part du principe que votre régime fiscal est déjà choisi et se concentre sur l’acte de déclaration. Si vous hésitez encore entre micro-BIC et régime réel, commencez plutôt par notre comparatif des deux régimes. Et pour le cadre fiscal complet, consultez notre guide sur la fiscalité du meublé de tourisme en 2026.
Étape préalable : obtenir votre numéro SIRET
Avant toute déclaration de revenus, vous devez immatriculer votre activité de loueur en meublé pour obtenir un numéro SIRET. Cette démarche est obligatoire que vous releviez du micro-BIC ou du régime réel, et même si la location est occasionnelle. Elle se fait en ligne sur le guichet des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), en remplissant le formulaire de début d’activité, la déclaration P0i. En principe, vous disposez de quinze jours après le début de l’activité pour le faire, mais si vous l’avez oublié, vous pouvez régulariser a posteriori. Sans SIRET, vous ne pourrez pas remplir correctement votre déclaration.
Le bon formulaire : la 2042-C-PRO
Les revenus d’une location meublée, saisonnière comprise, relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers comme une location nue. C’est une distinction qui change tout : formulaires, cases et abattements. Vous ne déclarez donc pas ces loyers sur la déclaration foncière classique, mais sur la 2042-C-PRO, une annexe complémentaire à votre déclaration de revenus habituelle (la 2042). En ligne, sur votre espace particulier impots.gouv.fr, vous faites apparaître les bonnes cases en cochant, à l’étape des revenus, la rubrique « Revenus des locations meublées non professionnelles ».
Déclarer au micro-BIC : la case dépend du classement
Au micro-BIC, la déclaration est simple : vous indiquez vos recettes brutes, c’est-à-dire l’ensemble de ce que vous avez encaissé, les loyers mais aussi les charges et frais refacturés au voyageur comme le ménage ou les frais d’intermédiaire. Vous n’appliquez aucun abattement vous-même, l’administration le calcule automatiquement. La seule chose qui change est la case, qui dépend désormais du fait que votre meublé soit classé ou non.
| Type de bien | Case (déclarant 1) | Abattement |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme classé ou chambre d’hôtes | 5NG | 50 % |
| Meublé de tourisme non classé | 5NH | 30 % |
| Location meublée longue durée | 5NI | 50 % |
Pour un second déclarant du même foyer fiscal, utilisez les cases équivalentes (5OG, 5OH ou 5OI). Attention à un changement récent : l’ancienne case 5ND, longtemps utilisée pour la location meublée, a été supprimée lors de la campagne 2026. Si vous la cherchez, vous ne la trouverez plus. Veillez aussi à ne pas déclarer un meublé non classé dans la case du classé pour bénéficier de l’abattement de 50 % : seul un classement officiel par un organisme accrédité y donne droit, et nous détaillons cette démarche dans notre article sur le classement du meublé de tourisme. Comme les libellés ont changé, vérifiez toujours l’intitulé affiché dans votre parcours de déclaration en ligne avant de saisir.
Déclarer au régime réel : la liasse 2031 puis le report
Au régime réel, la logique est différente. Vous ne déclarez pas vos recettes brutes mais votre résultat fiscal, c’est-à-dire ce qu’il reste après déduction de toutes vos charges et de l’amortissement de votre bien. Cela suppose de tenir une comptabilité et d’établir une liasse fiscale, le formulaire 2031 et ses annexes 2033, généralement télétransmise par voie électronique autour de la mi-mai, le plus souvent avec l’aide d’un expert-comptable spécialisé. Une fois ce résultat déterminé, vous le reportez sur votre 2042-C-PRO : en case 5NA si vous êtes bénéficiaire, en case 5NY si vous êtes en déficit.
Un point de vigilance : si un montant a été prérempli dans une case micro-BIC à partir des données transmises par les plateformes, supprimez-le, car au réel vous ne reportez que votre résultat fiscal issu de la liasse. Pour savoir si le réel est le bon choix pour votre situation et comment opter, reportez-vous à notre comparatif des deux régimes.
Le calendrier de la déclaration
La déclaration des revenus a lieu chaque printemps, sur les revenus de l’année précédente. La date limite de la déclaration en ligne varie selon votre département, échelonnée de fin mai à début juin selon les trois zones. Si vous êtes au régime réel, la liasse 2031 doit être télétransmise plus tôt, généralement autour de la mi-mai, avant le report sur la 2042-C-PRO. Pensez à anticiper ces échéances, surtout la première année, le temps d’obtenir votre SIRET et de réunir vos justificatifs.
Les erreurs à éviter
Chercher la case 5ND. Elle n’existe plus depuis la campagne 2026. Identifiez d’abord votre type de bien, puis utilisez la nouvelle case correspondante.
Garder l’abattement de 50 % sur un meublé non classé. L’administration ne corrigera pas à votre place. Un meublé non classé relève de la case 5NH, avec un abattement de 30 %.
Oublier le numéro SIRET. Sans immatriculation, votre déclaration est incomplète. Régularisez sans tarder sur le guichet des formalités des entreprises.
Déclarer en revenus fonciers. Les loyers d’un meublé sont des BIC, pas des revenus fonciers. Ne les saisissez pas sur la déclaration foncière, mais bien sur la 2042-C-PRO.
Vos questions fréquentes
Faut-il un SIRET même au micro-BIC ?
Oui. L’immatriculation et le numéro SIRET sont obligatoires quel que soit le régime, y compris au micro-BIC et pour une location occasionnelle.
Que déclare-t-on exactement, le brut ou le net ?
Au micro-BIC, vous déclarez vos recettes brutes (loyers et charges refacturées), sans rien déduire : l’abattement est appliqué automatiquement. Au régime réel, vous déclarez au contraire votre résultat fiscal, après déduction de vos charges et de vos amortissements.
J’ai fait une erreur, puis-je corriger ?
Oui. Tant que la date limite de votre zone n’est pas dépassée, vous pouvez resoumettre votre déclaration, seule la dernière version compte. Ensuite, un service de correction en ligne ouvre généralement de l’été à la fin de l’année sur impots.gouv.fr.
Vous louez à Frontignan ou sur le bassin de Thau ?
La déclaration est toujours plus simple quand les comptes sont tenus toute l’année. Chez La Maison M, nous remettons à chaque propriétaire un récapitulatif mensuel détaillé de l’ensemble des sommes encaissées et des charges facturées, directement exploitable au moment de votre déclaration ou par votre comptable. Si vous louez un bien à Frontignan, Sète ou autour du bassin de Thau et que vous souhaitez déléguer la gestion sans perdre le fil de votre comptabilité, parlons-en.
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les formulaires et numéros de cases évoluent d’une année à l’autre. Vérifiez toujours les libellés affichés dans votre parcours de déclaration sur impots.gouv.fr et, en cas de doute, rapprochez-vous d’un expert-comptable ou de votre Service des Impôts des Entreprises.

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